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La Loire-Atlantique a 50 ans

L’air du large décoiffe la Loire-Inférieure

    photo dans les années 1950, les laiteries ne sont pas vraiment fières d’afficher « loire-inférieure » sur leurs étiquettes
    Dans les années 1950, les laiteries ne sont pas vraiment fières d’afficher « Loire-Inférieure » sur leurs étiquettes© collection Marcel Gousseau

    Au milieu des années 50, les exportateurs et les communes côtières ne veulent plus s’afficher en Loire-Inférieure.

    Le courrier date du 24 mai 1955. Le président de la coopérative agricole d’Ancenis écrit à celui du conseil général pour évoquer l’exportation de son beurre. « Malheureusement, nous sommes gênés pour notre commercialisation par le nom actuel de notre département. La mention « Loire-Inférieure » nous cause inconstestablement préjudice, surtout à l’étranger. » Et d’ajouter que pour contourner la difficulté, il lui arrive d’omettre, sur l’emballage aluminium, l’origine départementale du produit. Cela donne : « fabriqué par laiterie moderne de la vallée de l’Erdre. » Ce qui n’est pas sans inconvénient, les acheteurs ignorant où se trouve cette belle vallée.
    À Saint-Gildas-des-Bois, le fromage de la ferme école n’est pas très fier de son origine départementale. Le véritable camembert La belle bretonne est donc fabriqué dans la « vallée de la Loire ». Ce qui ne veut rien dire. Les viticulteurs ne sont pas mieux lotis. « Nos exportations se faisant en bouteilles étiquetées, le nom du département a son importance », signale le représentant de la profession. Le conseil général enregistre le voeu de la Chambre de commerce et d’industrie de Saint-Nazaire. « Le qualificatif « inférieure » ne peut que nuire à l’économie de la région, tant pour l’exportation de ses productions que dans l’esprit des touristes étrangers. » La CCI a consulté communes et syndicats d’initiative de la zone littorale. Tout le monde veut changer. Sauf Nantes dont le maire, André Morice, n’en voit pas l’intérêt. Le conseil économique n’est pas convaincu.
    La chambre de commerce de Nantes non plus. Des conservateurs, attachés à la lettre font remarquer que l’adjectif inférieure renvoie ici à la géographie. Qu’il désigne le cours inférieur du fleuve. Et qu’on parle aussi de Basse-Loire à l’embouchure. Mais ils n’insistent pas. D’autant que les autres départements, dans la même situation que le nôtre, ont déjà fait leur mue, et sont devenus maritimes. Le fruit est mûr.
    Reste à trancher entre trois appellations qui, toutes, sentent bon l’air du large.

     

     
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