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Avant de réaliser une chaîne humaine, les écologistes ont débattu avec les responsables du site Diester. L'usine de Montoir a démarré sa production au début de l'année. : Photo NDLes organisations écologistes, Greenpeace en tête, sont donc venues dire ce qu'elles pensent de ces carburants, sur un lieu stratégiquement choisi devant l'unité de production de Diester installée à Montoir, et capable de produire 250 000 tonnes de biodiesel par an.
De grandes surfaces agricoles
Les défenseurs de l'environnement pointent du doigt « l'immobilisation de très grandes surfaces agricoles destinées à la production du colza ou du soja pour fabriquer le biodiesel », dixit Bernard Courbo, de Greenpeace Nantes. Pour 2020, l'union européenne a fixé le seuil de 10 % des terres agricoles consacrées aux agrocarburants : « Vu les quantités nécessaires, c'est l'équivalent d'une région française entièrement tournée vers cette production », explique ce dernier.
Logique commerciale
En substance, ils dénoncent une alternative qui n'en est pas une, des biocarburants pire que le pétrole en terme de gaz à effet de serre, essentiellement lié à l'utilisation d'engrais azotés pour augmenter les rendements. C'est l'avis de Bruno Gris, producteur bio à Pornic. Il parle de « logique commerciale » et préfère dire que la première économie, « c'est d'apprendre à utiliser le moins de carburants ». Dans ce débat, les écologistes ont quelques alliées de poids, notamment ce récent rapport de la Banque mondiale qui estime que les agrocarburant sont responsables de 75 % de la hausse des prix alimentaires dans le monde.
Une production positive
« On ne peut pas cristalliser le débat sur des problématiques mondiales », répondent les responsables de Diester France. Ils sont venus en débattre directement, pour mettre en avant les avantages de leur filière, notamment au niveau alimentaire puisque le tourteau issu de la trituration des graines de colza permet de nourrir le bétail : « On estime que pour un litre de biodiesel, on produit 1,5 kg d'aliments pour le bétail », souligne Gabriel Krapf, l'un des directeurs de Diester France. Mieux, ils estiment participer à la protection de l'environnement avec des émissions de CO2 beaucoup plus faibles. « Le Diester émet 73 % de gaz à effet de serre en moins que le gazole. En ce sens, c'est une production positive », note ce dernier avant d'ajouter : « N'oublions que cette filière est issue de 250 coopératives agricoles françaises ». Difficile de trancher dans ce débat. Mais hier, la rencontre entre les écologistes et les représentants de la filière Diester avait au moins le mérite d'être constructive. À défaut d'être véritablement mobilisatrice.
Nicolas Dahéron