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Gabriel Krapf, directeur de Diester, et Michel Salion, du service communication, ont participé au débat avec les opposants au développement des agrocarburants, samedi midi, à Montoir-de-Bretagne. : Frédéric GirouChaîne qui n'aura été que symbolique : faute de participants, on en comptait environ 70, le collectif a dû faire sa chaîne avec les maillons du bord. Mais pour Bernard Courbot, de Greenpeace, « l'important était de poser le problème des agrocarburants. Cette action était la première de ce type en France et d'autres suivront ». Pour les membres du collectif, « le développement des agrocarburants risque d'immobiliser de grandes surfaces agricoles, si on utilise uniquement des denrées françaises pour atteindre les 10 % de diester préconisés par les autorités dans le carburant ». Ils craignent l'utilisation de matières premières importées « avec les conséquences que l'on sait sur la déforestation, la hausse des produits alimentaires. » Et d'insister, en s'appuyant sur des études récentes, « sur le peu d'impact de cette énergie sur le CO2. Certains scientifiques donnent les agrocarburants aussi nuisibles sinon plus pour l'environnement que les produits pétroliers. »
Plutôt que de développer les agrocarburants à grande échelle, le collectif préconise « d'agir sur les constructeurs automobiles pour améliorer l'efficacité énergétique des véhicules et de rationaliser nos modes de transport. Alors que l'État utilise ces agrocarburants comme caution pour ne pas prendre de décisions ».
« Un enjeu économique »
En allant au-devant des opposants, les responsables de Diester Atlantique se sont invités au débat et ont pu répondre aux arguments avancés et présenter les leurs. « Les biocarburants ne vont pas avaler toutes les terres agricoles. 6 % seulement y seront consacrés en France, le reste devant être réservé à l'alimentaire. Les deux activités, nourriture et agrocarburants, doivent être complémentaires », a insisté Gabriel Krapf, un des directeurs nationaux de Diester. Et d'expliquer que le traitement des graines de colza apportait de l'huile, mais aussi du tourteau pour nourrir le bétail (1 litre de biocarburant assure 1,5 kg de tourteau). Il est allé plus loin en avançant des atouts économiques. « Si on ne produit pas ce tourteau, on doit importer de l'aliment pour animaux et si on n'ajoute pas de biocarburants, ce sera autant de pétrole à faire venir. Avec les coûts de transport que cela implique. Il en va de l'équilibre de la balance commerciale. » Gabriel Krapf s'est voulu rassurant en précisant que « la production française de colza était suffisante et qu'il n'en serait importé qu'en cas de besoin ».
Eric MARTIN.