Cyclisme : Jérôme Pineau en a marre des accessits
Performance. Troisième de l'étape, derrière les chasseurs de classique Valverde et Gilbert, le Nantais n'a pas raté le rendez-vous de Plumelec. Jérôme Pineau tourne autour de la gagne et se languit de connaître la réussite.
Jérôme Pineau ne gagne pas souvent, cela ne lui est plus arrivé depuis 2004 et un succès de classe à Paris-Bourges devant Davide Rebellin. Mais le Nantais ne manque pas de confiance. Hier au départ de Brest, il n'hésitait pas à se ranger parmi les favoris du jour : « Plumelec, je connais par coeur, depuis le temps qu'on y vient sur les courses amateurs et en Coupe de France avec le Grand Prix de Plumelec. J'ai cette étape en tête depuis des semaines, je me suis concentré sur les premiers jours de course, car on est chez nous dans l'ouest. » Pineau a de la suite dans les idées et n'a pas manqué son premier rendez-vous, en prenant une belle 3e place, derrière Alejandro Valverde. Belle mais frustrante.
À chaud, dans le bus de Bouygues Telecom, il croyait même être arrivé dans le même temps que l'Espagnol et le Belge. Il se voyait déjà partir aujourd'hui à la conquête du maillot jaune. Mais le classement officiel est sans concession. Le vainqueur de Liège-Bastogne-Liège et du Dauphiné-Libéré au printemps a franchi la ligne avec une seconde d'avance sur ses poursuivants immédiats. « J'avais décidé de le pointer dans Cadoudal, expliquait le Nantais en se précipitant sur une bouteille d'eau gazeuse. J'avais vu au pied que les sprinters étaient mal placés et ne seraient pas dans le coup. Dans Cadoudal, il faut savoir patienter, ne pas s'affoler et attendre avant de tout donner. »
« Valverde est mon favori »
Stefan Schumacher et Kim Kirchen ont été trahis par leur impatience. Ce ne sont pourtant pas les premiers venus. Sagement, Pineau attendait que Valverde sorte de sa boîte pour jaillir à son tour. « J'avais de la force et j'y suis allé, détaillait le protégé de Jean-René Bernaudeau et Didier Rous, avant d'être appelé au contrôle antidopage. Ce n'était pas suffisant, mais je suis avec les meilleurs. Ce n'était pas une étape, c'était une classique. Valverde est mon favori. Le plus fort dans ce genre de course a gagné, mais c'est rageant d'être toujours placé et de ne jamais gagner. J'avais déjà une place de deux sur le Tour (à Pau en 2002) et une place de quatre (à Guéret en 2004), j'en ai une de trois mais celle qui m'intéresse, c'est la première. »
Jérôme Pineau tourne autour, c'est un fait. Deuxième de la première étape de Paris-Nice, à Nevers dans une arrivée en côte, deuxième de Paris-Camembert derrière Valverde, il réalise son meilleur début de saison depuis longtemps, car il cumule des places d'honneur au Tour de Valence, à Cholet - Pays de Loire, à l'Amstel Gold Race ou la Flèche Wallonne. « Franchement, c'est pesant de ne jamais avoir de réussite, je sais que c'est le Tour ici, il y a des clients. Je ne sais pas quand ça va sourire. Mais en ce moment, j'ai une telle force, je voudrais la concrétiser. » Pineau a retrouvé du plaisir à faire du vélo, sans perdre son côté grande gueule. Il dit toujours ce qu'il pense et cela a parfois déplu dans le peloton. Lundi, Pineau arrivera chez lui lors de la 3e étape promise aux sprinters car elle plate comme une galette bretonne. « Mais attention au vent, je connais les routes, si le vent s'en mêle, il peut y avoir des bordures. »
Vincent COTÉ.
Ouest-France